Archive pour '# J.'Catégorie

Jeudi 14 Décembre 2006 22h.

Jeudi 27 mars 2008

(Une nuit, à Paris, avec J.)

Je suis en retard. Comme d’habitude, mais comment faire autrement ? Alors je cours. On pourrait croire que je marche, mais je cours. J’avance en équilibre sur la ligne de partage qui s’étire entre la marche et la course. Je cherche la démarche aérodynamique qui me fera arriver plus rapidement auprès de lui. Je la trouve. Je la tiens. Plus vite, plus vite encore (Plus vite mon corps !).
Je croise des hommes qui me regardent et s’arrêtent pour me laisser filer. L’un d’entre eux pousse une petite exclamation lorsqu’il m’aperçoit.
Je cherche à gagner du temps en raccourcissant mon trajet. Est-ce bien ce que je fais ? Est-ce encore loin ? Quand arriverais-je ? Je fatigue. Enfin, cette rue. Est-ce bien celle-ci ? Voilà, c’est là. N°17. C’est au N°9.
J’ai si chaud !

Doucement dorénavant.. profitons de l’instant…

Ouvrez-moi.

Je le vois. Je m’approche. Je brouillone parce que j’ai peur de lui déplaire. Trouver un sujet de conversation, vite ! À défaut, trouver à boire me laissera un peu de répit.
Il faut bien qu’il s’occupe lui aussi. Lorsque je reviens plus calme il parle avec.. Qui sont-ils ? Je ne sais pas. Je ne sais pas m’intégrer aux groupes. Je ne peux pas. J’attends. Comme souvent, la meilleure occupation reste l’observation.
Je lui montre des croquis fait dans l’après-midi au Muséum d’histoire naturelle. Et comme j’apprécie lorsqu’il me dit ≃ Mais M.. Ça fait longtemps que je n’ai pas vu de dessins de toi. Tu te débrouilles vraiment bien ! .

Oui. Montons puisqu’il le propose.
Un canapé désœuvré nous attend au coin de l’escalier. Parfait ! Ni trop près, ni trop loin. Il y a juste la place qu’il faut pour nos corps.
Je le sens à quelques endroits contre moi. Il ne me gène pas, loin de là.
Je pense à une conversation que nous avons eu H. ( j’aime le “y” de son nom, sa queue courbée lui donne un air racé) et moi (Le Look bar, il faudra que je l’y emmène). Une même situation: la nuit, à deux, à l’étage d’un bar, à discuter avant de coucher. Un couple que nous observons, que nous écoutons. Une fille dodue qui s’effondre presque sur un petit homme, ramassé dans son fauteuil. Elle a envie de lui. Tout son corps attiré. Lui semble peu coopératif. Lorsqu’il le lui signifie trop clairement, elle se redresse, soudainement. Avant de reprendre le même chemin. Un balancement hypnotisant, une parade amoureuse stérile.
C’est pourquoi je ne me penche pas sur lui et j’aime lorsqu’il plonge vers moi.

Il parle de sa famille (je me trompe). J’aime qu’il parle de lui. Évidemment, lorsqu’il raconte son père (qui est un peu fou - J’ai si peur de la folie. La profonde, celle que l’on ne maîtrise pas ), sa mère (qui est psychiatre - J’y suis irrésonnablement allergique ), son frère (qui est handicapé – Pour la première fois pouvoir comparer ), il ne raconte pas vraiment sa sœur (Je parle peu de mon autre frère), il ne me parle que de lui.
Je ne comprends pas tout, sans doute.
Je déforme. Je transforme. Je compare. J’assimile.
Je rapproche.
Comme j’ai envie de toi !

Testons son aptitude d’adaptation.
Viens. Je lui propose une excursion en Jungle Intelligente (=Humaine, maintenant il le sait). Quelques pas prudemment.. C’est surprenant, nous ne nous connaissons pas mais il parait me suivre avec aisance, mieux même que tout ceux auparavant invités. Il ne me suit pas bêtement. Il écoute, me semble-t-il, attentivement, en restant critique. Voilà un échange intéressant, délectons-nous (l’inconsistance m’ennuie et je me décompose).
Comme j’ai envie de toi !

Non, je ne suis pas si forte. Certes mes fondations sont profondément enfouies, difficilement accessibles (pourraient-elles l’être ?). Elles ne craignent rien. Le reste est un fil de ver à soie. C’aurait pu être agréable à habiter si le cocon avait pu être terminé. Mais le fil, trop sensible, sans cesse se casse. Je ne m’en plains pas tout à fait: je pourrais sans doute tisser plus rapidement. Combien de sensations, de sentiments n’aurais-je expérimenté alors ?
Les autres me font souffrir, souvent. J’accepte les blessures que je reçois – que certains refuseraient catégoriquement de porter . En contrepartie, je crois mes jouissances plus nombreuses et plus fortes.
Je me remets parfois difficilement du négatif comme du positif, mais:
• je ne peut être sûre de ce qui m’attends derrière la porte (ouvrons-la),
• je ne sais pas faire autrement,
• je me plais assez finalement .
Regarde-moi.. ?
Comme j’ai envie de toi !

– Aux toilettes.
Il n’est plus là. Mon cerveau doit s’occuper autrement.
Je suis seule et j’ai face à moi 3 (ou 4) canapés, occupés par (2 X 2) + 1 = 5 hommes. Que puis-je faire (à part boire, fumer, tripoter mon téléphone) ? Me mettre à leur place et imaginer qu’il y en a au moins 1 sur les 5 qui a – eu – envie de moi (si ça avait été des filles ça aurait été de lui..), qui nous a observés et qui s’est dit que nous n’avions pas besoin de faire tout ce cinéma puisque nous allions certainement finir la nuit ensemble. J’espère qu’il n’a pas pensé que, comme ça, de loin, je ressemblais à une Marie-(ch’t’ai-payé-kelk’-bières-alors-)couche-toi-là. Lui ne craint rien. S’il y en a 1 (je serai celui-là), ce sera celui qui est seul. Les autres ont dû porter leur attention sur le deuxième composant de leur paire.
Quel pouvoir à mon attraction ?
Ha, le voilà ! –

Je le vois, il glisse le long du dossier. Vers moi. Je ne pense plus au couple du Look bar. Mon cerveau ne peut se détacher de lui. Rien d’autre que son corps qui s’approche du mien. Un centimètre de plus.. A-t-il conscience de l’effet que cela procure ? Encore un millimètre.. Est-ce fait volontairement ?
Il est si proche de moi!
Comme j’ai envie de toi !
(Mes yeux jaunissent. Mes dents s’allongent. Mes oreilles grandissent.
Je me sens grand méchant.
Je vais le dévorer – où est son chaperon ? – et j’en ai déjà plein la bouche.)

Enfin !
(Je ne sais comment) ses lèvres sur les miennes..
Dissous-moi.
Finissons ce que nous avions commencé…
Chaleur et satiné.. Ah ! Le toucher.
Calme-moi ou je vais le violer sur ce canapé.
Tant pis pour les futurs frustrés.

Enchainement sans transition sur quelques mises au point (évasives parfois), quelques questions.
C’est un peu rude, après ce qui vient de se passer ? Nécessaire pourtant – pour moi.
Pas de cette façon là ? Avant, c’aurait été ridiculement prétentieux – spéculations et prédictions ôtent tout charme à l’imprévu, n’est-ce pas ? . Après, trop tard – je ne veux pas lui en vouloir .
Déstabilisant, parce qu’un peu surprenant ? Il n’a pas l’air trop embarrassé .
Oui ou non, est-il prêt à assumer le fait d’avoir couché avec moi ?
Il ne sait pas répondre, c’est vrai – mais cette indécision est l’une de ses spécialités .
Devrais-je me taire et l’embrasser – de peur de tout piétiner ?

L’air libre et frais nous fera du bien.
Viens.

Droite, gauche, droite. Avenue Daumesnil, il n’est pas encore perdu. Il rentrera chez lui – et moi ? . Pour les prolongations ce sera là-bas ou ici. Alors je ne me pose pas de questions. Marcher de nuit ne me dérange pas.
J’aime le faire auprès d’hommes attirants – Les premières fois, particulièrement. Avant l’horrible vulgarisation . Cela me semble valorisant. Leur charme débordant doit m’avoir – au moins un peu.. – améliorée. Comment leur plairais-je autrement ?
Très souvent, je nous imagine plus âgés, ensemble depuis des années, sortant d’une soirée avec ou sans amis, avec ou sans enfants.. Brillants. Et je trouve ça rassurant d’avoir toujours tant envie d’eux.
Je trouve ça léger.
Et amusant.

Une rose au sol, aux pétales tranchés. Qu’il ramasse et qu’il m’offre. Frivole et singulière.
Quelle signification peut avoir une telle fleur ?

Et puisque j’ai envie de lui, je le regarde et lui souris. Provocasssssions.. Ses yeux s’étirent. Ses pupilles disparaissent presqu’entre ses paupières. Je n’y peux résister – rien ne transparaîtera . Je joue le jeu, juste pour me faire une idée du désir qu’il a de moi.
Lequel y succombera le premier ?

(…)

Jeudi 4 Janvier 2007 20h.24

Mardi 25 mars 2008

Après.

Je suis – j’ai choisi – le diable qui sort de sa boîte avec toujours le même entrain. Chouette ! Chouette ! Chouette ! Quelqu’un me demande. Quelqu’un m’attend ? On m’a choisie. J’arrive. J’ai mis mon plus beau sourire. Regarde-moi ! Je bondis hors de mon cube, pour moi, petit. Lumière: chaleur et reconnaissance. Tout ça pour moi ? Je vais sauter sur toi qui vient de m’éblouir. Je vais faire une guirlande de fleurs et la donner…
Oh ! A qui ?

Je me lance. Ils m’écrasent.
Lorsqu’on m’appelle ce n’est que pour me renvoyer au marteau, sonnée, dans l’obscurité. Jack in the Box livré dans sa chaise à torture à ceux qui voudront bien profiter de sa naïveté.
J’aurais dû m’y attendre, je sais. A force de coups répétés peut-être cela finira-t-il par entrer.
(Les Vagues. Oh ! Les Vagues… ).

J’en ai un peu marre de vous laisser me ratatiner.
Je vieillis. Je m’assèche. Je me ternifie.
Je vois mon reflet et je me dis que je vieillis.
Si grise, si rêche, si dure.

Un peu d’ironie.
Si j’avais encore sa basse chez moi je pourrais – me défouler, me défrustrer – réaliser le fantasme de P. Je m’empalerais sur le manche, la crosse où cela me serait possible… et la lui rendrais ainsi souillée.

(…)

Mercredi 3 Janvier 2007 04h.52

Mercredi 19 mars 2008

Je le glisse dans toutes mes conversations puisque je ne peux en avoir avec lui. Juste une dizaine de minutes de son temps pour m’éviter de lui sacrifier des centaines d’heures du mien. Je ne lui demande pas de m’être agréable, juste de faire.. quelque chose. Au moins une claque – si c’est sa réponse . Tout sauf rien. Comprends-moi. Entendre le son de sa voix pour tenter d’y déceler antipathie ou sympathie – c’est là toute la question . Est-il avec ou contre moi ?

Oui, son contact suffit à me rendre dingue mais j’aimerais l’installer à une place moins souvent occupée. Je te fais visiter ?

Ah ce silence ! Pourquoi reste-il ainsi muet ? L’ai-je déjà effrayé ou a-t-il simplement oublié son portable ? Toutes ces questions sans réponses qui s’empilent, se multiplient, se ramifient, se divisent, saturent mon cerveau. Je perds la raison et le sens de la mesure. Une seule chose en tête: pourquoi se tait-il ? pourquoi se tait-il ? POURQUOI TE TAIS-TU ? Me voir dans un tel état pour si peu – son mutisme ne fais que le confirmer – m’agace profondément. Me perdre au point de donner de l’importance à quelqu’un qui ne prend même pas la peine de m’éviter malaise et ridicule ! Franchement, ne pourrais-je m’occuper intelligemment au lieu de focaliser sur lui ? Oui… Mais je n’arrive pas à me recentrer.
Il reste planté en moi, stupide et vide, sans autre utilité que de m’aveugler. Ouste !
N’avait-il rien à faire de mieux que de me charmer, de me baiser ?

(…)

Vendredi 16 Février 2007 03h.30

Vendredi 22 février 2008

Les Vagues et Patricia, évidemment.

Oh, ce vide !
Qu’ai-je de plus intelligent à faire que de rester là à me demander ce que j’ai de plus intelligent à faire que me demander ce que j’ai de plus intelligent à.. ?
J. n’est pas pour moi ou ne veut (s’il a trouvé mieux que moi pour lui) ou ne peut (l’alcool aidant) pas de moi.
Ce besoin de chair, pourtant!
Certes un peu de chaleur sur les genoux de F., mais cela ne peut suffire… Ce n’est pas lui que je convoitais.
Que devrais-je faire alors (coincée ici) ? Rejoindre J. dans sa chambre, dans son lit – pour le lendemain (ou plus tard) me reprocher de n’être pas (encore) assez forte pour résister, m’éviter de me noyer dans le remord ? M’inviter dans celle, celui de F. (un peu de chaleur au moins, malgré tout – ne serait ce pas avouer qu’il me manque quelque chose ? Serait-il possible pour moi de me contenter d’un simple substitut, puis-je à ce point me tromper ?) ? Me coucher seule sur le lit d’I. (un lit vide… comme c’est triste) ? Ou attendre de dessoûler ?
Alors je m’enveloppe dans la couverture d’I. (réchauffer mon corps gelé) et j’avale des reproductions sur cgfa.sunsite.dk (m’effacer devant l’Art) pour m’oublier.

Pourquoi ne suis-je assez pour toi ?

P.S. (à H.) : Je ne t’oublie pas.

(…)

Vendredi 29 Décembre 2006 21h.19

Vendredi 8 février 2008

Une journée chez toi à Upie (une petite révolution).
9 fois (rythmiquement, j’entends).

Aller.
Chez moi to Montmeyran, sans problème. Crevaison sur un bac à fleurs. Ma première roue changée. Seule. Les mains noires. Le froid. Montmeyran to Upie. Help ! Viens me chercher, stp. Upie to Chez toi. Enfin..

Discussion (et pour toi, lecture Mac-inale obligée) au salon avec un thé. Prolongée dans ta chambre. 1, 2, 3 avant manger. La cloche du dîner. A table avec ton frère et ta mam’s. 1, 2 avant que tu partes. Pause sans toi, seule au salon. 1 sur canapé avant de dormir. Assortiment de gâteaux au lit. Dormir. Rêver: les deux dents de devant en moins, qu’il est triste ton départ en avion pour la Nouvelle-Calédonie (est-ce bien toi qui disparaît ?). 1 au réveil. Douche. Ratée (fatigué !) sous la douche interrompue par un de tes potes qui cherche âme qui vive dans cette maison. Café à 4 sur la terrasse au soleil. Vélo à 2, route et forêt (lumière doré léger). Café bis. 1, 2 (interrompue par ton frère, Qu’est-ce que tu fais mon frère ?) avant de partir.
La dernière est la meilleure, celle que j’attendais.

Retour.
Impossible de me rassembler. Vide & pleine, simultanément.
Etre tentée, plus d’une fois, de me faire avaler par les bordures, les voitures, les murs, les poids lourds, les barrières de sécurité.
Des gyrophares bleus dans la nuit, de l’autre côté.
Un morceau de moi reste avec eux – Est-ce moi dans ce miroir ?
Comme j’en ai chié pour rentrer: à en pleurer sur l’autoroute !
Perception – plus – altérée.

– Mon cerveau modèle mon corps, on l’aura compris.
Si habilement, si profondément que je le ressens vraiment, physiquement.
Les doigts dans la prise, je suis fascinée, hypnotisée par l’absurdité des évènements auxquels je devrais me laisser aller. Ne pas disjoncter. Des morceaux de moi sont restés collés à divers endroits. Je me sème lorsque j’angoisse. Ma chair, mes nerfs se distendent tout le temps que je ne peux me défaire de Vous, de Ça. Mon cœur écartelé (cf. le christ crucifié). Plus qu’à attendre. Viendra le moment où, comme sur un ressort, mes entrailles réintègreront leur place initiale et naturelle.
La folie s’évaporera. –

P.S. à ma robe noire: Si tu es morte sache que tu ne l’es pas pour rien.

The piece with the glue is looking for pieces of me.

(…)