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Dimanche 27 Avril 2008 11h.41

Samedi 31 mai 2008

Je l’ai découvert par hasard. Je n’ai pas pu résister. Je l’ai acheté.

Le double vinyl Cello De Vincent Segal me nargue, fermé, posé sur ma vieille platine.
Je ne l’ai pas encore passé.
Je refuse de gâcher par excès d’empressement ma première écoute – une seul fois sans repères .
Je maugrée mollement après le diamant usé qui orne la tête de lecture, le câble absent qui n’alimente pas la deuxième enceinte et cette bizarrerie qui fait s’accompagner la lecture de disques du bruit, en fond, de je ne sais quelle fréquence radio.
Mollement seulement. Car j’aime l’instant qui précède la possession – matérielle/intellectuelle – d’un objet désiré. Particulièrement lorsque celui-ci n’attend que notre disposition.

Une statuette en ivoire sculpté. Nue, les bras levés. 10,8 cm. Dans un écrin de présentation en maroquin grenat aux petits fers dorés.
Je ne l’ai qu’aperçue. Je ne peux qu’imaginer l’effet de son cuir sombre sous mes doigts – je sens un grain léger, peu marqué, une peau usée, plus fine, plus souple par endroit, un liseré appuyé qui s’étend le long des bords, un angle usé au carton écrasé – , l’effet de son tissu rouge grenat – satiné – , l’effet de ses courbes d’ivoire sous mes doigts – si fraîches, si lisses

En patientant, je fantasme sur la pochette. Je la vois. Même au loin, elle m’attire. Elle est élégante, sombre et douce. Elle passe sa main sur mon cou et je soupire de désir.

(…)

Mercredi 5 Décembre 2007 08h.23

Lundi 12 mai 2008

Je ne sais pas m’énerver au téléphone – ce n’est pourtant pas l’envie qui m’a manqué.
Bah.. Tout compte fait, tant mieux pour moi.

Tu sais ce qui serait chouette ? Ce serait que tu me parles de toi.
Nan, ne commence pas à ronchonner puisque..
si tu trouves ça trop narcissique, ça pourrait l’être si tu en prenais seul l’initiative: ce n’est pas le cas. (et puis, tu n’es pas obligé de t’admirer) ;
• si tu n’as pas la tête à ça en ce moment, parle-moi d’avant (et puis, tu n’es pas obligé de te déprécier) ;
• si tu penses que tu n’es pas un sujet très passionnant, ce n’est pas à toi d’en juger. Tu m’intéresses. C’est suffisant ;
• si tu ne sais pas quoi me raconter, euh voyons … : Qu’est-ce qui te reste ? T’attire ? T’excite ? T’exaspère – quoi que j’en sache déjà pas mal là-dessus ? Te fatigue ? Te réveille – pas grand chose ? Et t’empêche de t’endormir ? À quoi tu penses ? De quoi tu te fous ? Qu’est-ce que tu veux – si ce n’est qu’on arrête de te poser des questions ? Qu’est-ce que tu préférerais ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Et caetera…
Tu peux même t’étendre sur les filles (si, puisque nous ne serons plus amants).
Choisis ;
• si tu n’as pas le temps, je ne suis pas pressée .

Donc, si tu t’ennuies une nuit seul dans ton lit, pense à moi.

(…)

Jeudi 23 Avril 2008 20h.58

Lundi 5 mai 2008

J’ai gardé mes draps, sales, une semaine de plus – moi, qui suis une maniaque des literies fraîches . Je n’ai pas eu le goût d’effacer son odeur avant que celle-ci ne s’estompe naturellement.
Lorsque j’ouvre ces draps pour m’y coucher, s’en exhale un souffle qui me murmure tendrement que tout va bien, qu’il est allongé près de moi et que – malgré sa présente absence – je sentirai bientôt son bras sur moi. Je m’endors comme cela. Bercée par les reliquats de sa transpiration.

Aujourd’hui, j’ai tout changé: draps, taies, housses, matelas.
Il est tout neuf. Il est tout beau. Il est plus haut.
J’espère que ce sera lui qui avec moi l’étrenneras.

(…)

Vendredi 10 Mars 2006 04h.49

Mercredi 30 avril 2008

Suis dégoutée !
frustrée…
ENERVÉE !
Pas de Bellmer ce soir… Aargh !
Ces connards ont fermé l’expo !
Comme ça. Sans raison !
Ils ne se rendent pas compte ! …
Comment peut-on me faire ça ?
Mouai..

Demain.
J’ai envie de temps avec lui
(le partager avec Bellmer)
(ou la Comtesse Dolingen de Gratz)
?

Je lui écris en tout petit dans un coin
(qu’il fasse comme si ça n’était pas là)
mais j’ai (très) envie d’être allongée contre lui,
sentir sa peau, sa chair, ses os, et le reste
sous mes doigts – j’aimerai faire l’amour avec lui, lentement,

m’endormir contre lui. Etre éveillée par ses caresses.
Sentir son sexe se durcir contre moi et
faire l’amour avec lui, lentement,

m
’endormir contre lui. Etre réveillée par…

Je lui dirai, s’il me le demande, ce que je veux.

Je vais m’endormir sans tarder. Demain viendra plus vite.

Je l’embrasse encore (je passerai bien une bonne partie de mes journées à ça).

(…)

Mardi 11 Mars 2008 08h.28

Samedi 26 avril 2008

Ses lunettes de soleil perdues que je trouve par hasard sous mon coude à l’instant où il commence sa phrase.

Que puis-je faire de lui ?
Comment ne pas vouloir le sauvegarder ?

Il ne m’aime pas. Il me l’a dit, il ne peut pas.
Cela se sent lorsque nous faisons ce qui devrait être l’amour. Il ne se fond jamais pleinement en moi.
Il reste un homme couché à côté d’une femme qu’il pénètre, qu’il touche, qu’il voit. Tièdement. Ce n’est pas froid. Ce n’est pas cela. Ce n’est qu’une légère faille qui nous sépare. Mais qui m’envoie en pleine gueule, alors que je devrai m’abandonner aux va-et-vient de son vit dans mon ventre, Tu n’es pas là Ce n’est pas toi Je ne te vois pas Je ne veux pas vraiment de toi Voilà, c’est fait Remballe-toi.
Des claques sur ta petite gueule d’écervelée.

Est-ce moi qui le retiens au loin de peur qu’il ne veuille approcher ?
Me suis-je enrayée?
Mon corps est-il givré – chaud mais froid – dans ses bras ?

Une capote usagée prise dans le plastique du sac poubelle de sa salle de bain. Depuis combien de temps en est-elle prisonnière ? S’est-elle, seule, égarée ? Ou un banc entier repose-t-il dans ces filets ?

Comment a-t-il pu rester calme ? Pourquoi avoir été aussi gentil ?
Ça n’aurait servi à rien – Cela a-t-il plus d’utilité ? .

Je le crois de nature infidèle.
Il ne s’empêcherait pas de sauter une fille sublime, intelligente, intéressante pour la seule raison qu’il me baise ces derniers temps, de temps en temps, n’pas ?
Est-ce ce qui le fais fuir les relations de couple ? De même que ces mesquines disputes qui lui paraissent inévitables ?
Est-ce important ? L’est-ce plus ? L’est-ce moins ? Autant ?

En 5 mois, il me revient tous les mois.

Une fille, jolie, sur les Champs. Un bel appât.
On pourra se parler ?
En une seconde, le voir se transformer.
Ses yeux jaunissent. Ses dents s’allongent. Je le sens lui-aussi grand méchant.
Une dose de plus d’antalgique.
Aucune réaction.
Je finirais par ne plus rien sentir
– pour lui aussi .

I. a conforté l’idée qu’il m’a donné de lui.
Il ne veut pas – pas tout de suite – me lâcher. Il ne sait pas pour autant ce qu’il veut.
J’ajouterai qu’il ne me semble pas très honnête envers lui-même.
Et qu’il ne sait, par-dessus tout, synthétiser ce qu’il pourrait vouloir.
Mais pourquoi me répète-t-elle que je devrais savoir ce qu’il me reste à faire – faire mes valises, prendre un avion et le rejoindre à Brighton, au Laos ou ailleurs – alors qu’il est clair que je ne ferais jamais cela pour aucun amant, que je suis persuadée qu’il n’existerait pas de plus sûr moyen de le faire fuir définitivement et que je jurerais qu’il lui serait à elle-même impossible d’agir ainsi ?

Quelle misère M. ..!
Toujours se faire prendre aux mêmes pièges.
Combien de fois te verras-tu en pleurs dans des cuisines, des salles-de-bain, des chiottes, des lits, des voitures, des trains… pour un coup de trop dans ton cul ?

Je ne supporte plus de l’entendre parler de ces filles sublimes qu’il fantasme à longueur de journée alors que je ne suis bonne qu’en suçant.
Jamais complimentée.
Les seuls qu’il m’adresse sont des taches rouges sur ses tempes, son front, ses joues.

Je viens de briser une règle: pas de sexe après manger.

Sur son canapé lorsqu’il jouit sous ma langue, dans ma bouche, sa main écrase mes doigts où s’enfoncent les rainures acérées de ma bague altérée.
Je perçois la violence de sa jouissance dans l’étreinte de sa main, la tension de sa verge, les spasmes de son éjaculation – si forte, si longue.
Son sexe porte sous son gland, sur sa gauche, une cloque molle – comme une ampoule encore close – qui l’effraie. Cela ne m’étonne pas. Je ne l’avais jamais senti jouir aussi intensément. Je ne me souviens pas avoir senti quiconque éjaculer si puissamment.

Son désir déjà s’effrite..
Si sa fin est inévitable, qu’elle vienne vite.
Pas de baisers empruntés. Pas de plaisir artificiel.

Embrasse-moi ! Enlace-moi ! Caresse-moi ! Regarde-moi ! Lèche-moi ! Effleure-moi ! Suce-moi ! Touche-moi ! Serre-moi ! Secoue-moi ! Excite-moi ! Gobe-moi ! Emplis-moi !

(…)

Lundi 14 Avril 2008 04h.02

Vendredi 25 avril 2008

Addendum au Dimanche 16 Mars 2008:
Ce qu’il y avait ce soir là dans le regard de N., que j’ai traduit – hâtivement (?) – par une forme d’admiration, n’était-ce pas plutôt du soulagement ? Bien content que je me décide à définitivement stopper cette relation bâtarde qui s’éternise, qui survit faute de réactivité de l’un de nous deux, faute de mieux (?) ?
Je l’euthanasie. C’est fait.
Cela l’arrange ?

(…)