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Jeudi 28 Décembre 2006 01h.43

Lundi 31 mars 2008

J’ai des gants en cuir noir. Doublés de soie grise.
Des gants d’étrangleur.

(…)

Jeudi 14 Décembre 2006 22h.

Jeudi 27 mars 2008

(Une nuit, à Paris, avec J.)

Je suis en retard. Comme d’habitude, mais comment faire autrement ? Alors je cours. On pourrait croire que je marche, mais je cours. J’avance en équilibre sur la ligne de partage qui s’étire entre la marche et la course. Je cherche la démarche aérodynamique qui me fera arriver plus rapidement auprès de lui. Je la trouve. Je la tiens. Plus vite, plus vite encore (Plus vite mon corps !).
Je croise des hommes qui me regardent et s’arrêtent pour me laisser filer. L’un d’entre eux pousse une petite exclamation lorsqu’il m’aperçoit.
Je cherche à gagner du temps en raccourcissant mon trajet. Est-ce bien ce que je fais ? Est-ce encore loin ? Quand arriverais-je ? Je fatigue. Enfin, cette rue. Est-ce bien celle-ci ? Voilà, c’est là. N°17. C’est au N°9.
J’ai si chaud !

Doucement dorénavant.. profitons de l’instant…

Ouvrez-moi.

Je le vois. Je m’approche. Je brouillone parce que j’ai peur de lui déplaire. Trouver un sujet de conversation, vite ! À défaut, trouver à boire me laissera un peu de répit.
Il faut bien qu’il s’occupe lui aussi. Lorsque je reviens plus calme il parle avec.. Qui sont-ils ? Je ne sais pas. Je ne sais pas m’intégrer aux groupes. Je ne peux pas. J’attends. Comme souvent, la meilleure occupation reste l’observation.
Je lui montre des croquis fait dans l’après-midi au Muséum d’histoire naturelle. Et comme j’apprécie lorsqu’il me dit ≃ Mais M.. Ça fait longtemps que je n’ai pas vu de dessins de toi. Tu te débrouilles vraiment bien ! .

Oui. Montons puisqu’il le propose.
Un canapé désœuvré nous attend au coin de l’escalier. Parfait ! Ni trop près, ni trop loin. Il y a juste la place qu’il faut pour nos corps.
Je le sens à quelques endroits contre moi. Il ne me gène pas, loin de là.
Je pense à une conversation que nous avons eu H. ( j’aime le “y” de son nom, sa queue courbée lui donne un air racé) et moi (Le Look bar, il faudra que je l’y emmène). Une même situation: la nuit, à deux, à l’étage d’un bar, à discuter avant de coucher. Un couple que nous observons, que nous écoutons. Une fille dodue qui s’effondre presque sur un petit homme, ramassé dans son fauteuil. Elle a envie de lui. Tout son corps attiré. Lui semble peu coopératif. Lorsqu’il le lui signifie trop clairement, elle se redresse, soudainement. Avant de reprendre le même chemin. Un balancement hypnotisant, une parade amoureuse stérile.
C’est pourquoi je ne me penche pas sur lui et j’aime lorsqu’il plonge vers moi.

Il parle de sa famille (je me trompe). J’aime qu’il parle de lui. Évidemment, lorsqu’il raconte son père (qui est un peu fou - J’ai si peur de la folie. La profonde, celle que l’on ne maîtrise pas ), sa mère (qui est psychiatre - J’y suis irrésonnablement allergique ), son frère (qui est handicapé – Pour la première fois pouvoir comparer ), il ne raconte pas vraiment sa sœur (Je parle peu de mon autre frère), il ne me parle que de lui.
Je ne comprends pas tout, sans doute.
Je déforme. Je transforme. Je compare. J’assimile.
Je rapproche.
Comme j’ai envie de toi !

Testons son aptitude d’adaptation.
Viens. Je lui propose une excursion en Jungle Intelligente (=Humaine, maintenant il le sait). Quelques pas prudemment.. C’est surprenant, nous ne nous connaissons pas mais il parait me suivre avec aisance, mieux même que tout ceux auparavant invités. Il ne me suit pas bêtement. Il écoute, me semble-t-il, attentivement, en restant critique. Voilà un échange intéressant, délectons-nous (l’inconsistance m’ennuie et je me décompose).
Comme j’ai envie de toi !

Non, je ne suis pas si forte. Certes mes fondations sont profondément enfouies, difficilement accessibles (pourraient-elles l’être ?). Elles ne craignent rien. Le reste est un fil de ver à soie. C’aurait pu être agréable à habiter si le cocon avait pu être terminé. Mais le fil, trop sensible, sans cesse se casse. Je ne m’en plains pas tout à fait: je pourrais sans doute tisser plus rapidement. Combien de sensations, de sentiments n’aurais-je expérimenté alors ?
Les autres me font souffrir, souvent. J’accepte les blessures que je reçois – que certains refuseraient catégoriquement de porter . En contrepartie, je crois mes jouissances plus nombreuses et plus fortes.
Je me remets parfois difficilement du négatif comme du positif, mais:
• je ne peut être sûre de ce qui m’attends derrière la porte (ouvrons-la),
• je ne sais pas faire autrement,
• je me plais assez finalement .
Regarde-moi.. ?
Comme j’ai envie de toi !

– Aux toilettes.
Il n’est plus là. Mon cerveau doit s’occuper autrement.
Je suis seule et j’ai face à moi 3 (ou 4) canapés, occupés par (2 X 2) + 1 = 5 hommes. Que puis-je faire (à part boire, fumer, tripoter mon téléphone) ? Me mettre à leur place et imaginer qu’il y en a au moins 1 sur les 5 qui a – eu – envie de moi (si ça avait été des filles ça aurait été de lui..), qui nous a observés et qui s’est dit que nous n’avions pas besoin de faire tout ce cinéma puisque nous allions certainement finir la nuit ensemble. J’espère qu’il n’a pas pensé que, comme ça, de loin, je ressemblais à une Marie-(ch’t’ai-payé-kelk’-bières-alors-)couche-toi-là. Lui ne craint rien. S’il y en a 1 (je serai celui-là), ce sera celui qui est seul. Les autres ont dû porter leur attention sur le deuxième composant de leur paire.
Quel pouvoir à mon attraction ?
Ha, le voilà ! –

Je le vois, il glisse le long du dossier. Vers moi. Je ne pense plus au couple du Look bar. Mon cerveau ne peut se détacher de lui. Rien d’autre que son corps qui s’approche du mien. Un centimètre de plus.. A-t-il conscience de l’effet que cela procure ? Encore un millimètre.. Est-ce fait volontairement ?
Il est si proche de moi!
Comme j’ai envie de toi !
(Mes yeux jaunissent. Mes dents s’allongent. Mes oreilles grandissent.
Je me sens grand méchant.
Je vais le dévorer – où est son chaperon ? – et j’en ai déjà plein la bouche.)

Enfin !
(Je ne sais comment) ses lèvres sur les miennes..
Dissous-moi.
Finissons ce que nous avions commencé…
Chaleur et satiné.. Ah ! Le toucher.
Calme-moi ou je vais le violer sur ce canapé.
Tant pis pour les futurs frustrés.

Enchainement sans transition sur quelques mises au point (évasives parfois), quelques questions.
C’est un peu rude, après ce qui vient de se passer ? Nécessaire pourtant – pour moi.
Pas de cette façon là ? Avant, c’aurait été ridiculement prétentieux – spéculations et prédictions ôtent tout charme à l’imprévu, n’est-ce pas ? . Après, trop tard – je ne veux pas lui en vouloir .
Déstabilisant, parce qu’un peu surprenant ? Il n’a pas l’air trop embarrassé .
Oui ou non, est-il prêt à assumer le fait d’avoir couché avec moi ?
Il ne sait pas répondre, c’est vrai – mais cette indécision est l’une de ses spécialités .
Devrais-je me taire et l’embrasser – de peur de tout piétiner ?

L’air libre et frais nous fera du bien.
Viens.

Droite, gauche, droite. Avenue Daumesnil, il n’est pas encore perdu. Il rentrera chez lui – et moi ? . Pour les prolongations ce sera là-bas ou ici. Alors je ne me pose pas de questions. Marcher de nuit ne me dérange pas.
J’aime le faire auprès d’hommes attirants – Les premières fois, particulièrement. Avant l’horrible vulgarisation . Cela me semble valorisant. Leur charme débordant doit m’avoir – au moins un peu.. – améliorée. Comment leur plairais-je autrement ?
Très souvent, je nous imagine plus âgés, ensemble depuis des années, sortant d’une soirée avec ou sans amis, avec ou sans enfants.. Brillants. Et je trouve ça rassurant d’avoir toujours tant envie d’eux.
Je trouve ça léger.
Et amusant.

Une rose au sol, aux pétales tranchés. Qu’il ramasse et qu’il m’offre. Frivole et singulière.
Quelle signification peut avoir une telle fleur ?

Et puisque j’ai envie de lui, je le regarde et lui souris. Provocasssssions.. Ses yeux s’étirent. Ses pupilles disparaissent presqu’entre ses paupières. Je n’y peux résister – rien ne transparaîtera . Je joue le jeu, juste pour me faire une idée du désir qu’il a de moi.
Lequel y succombera le premier ?

(…)

Samedi 30 Décembre 2006 18h.44

Samedi 16 février 2008

J’hésite encore pour l’instant mais il me semble envisageable de ne rien faire demain soir.
Rumilly est loin (j’ai trop peur de ne plus savoir conduire), N. finit tard, les autres sont indisponibles ou insuffisants. Une seule vraie raison de me motiver: je déteste qu’on ai pitié de moi lorsque je ne vois pas, moi-même, de motifs de plainte. Je trouve ça humiliant de m’entendre dire brutalement que, d’un certain point de vue, ma vie à l’air suffisament merdeuse pour qu’on me prenne en pitié.
Pas enviable.

Une idée toute neuve: si j’allais changer d’année au Look bar ?
Mouai, y aura certainement des vieux dégueulasses qui voudront m’embrasser..
Et après toi, vraiment pas.

(…)

Vendredi 29 Décembre 2006 21h.19

Vendredi 8 février 2008

Une journée chez toi à Upie (une petite révolution).
9 fois (rythmiquement, j’entends).

Aller.
Chez moi to Montmeyran, sans problème. Crevaison sur un bac à fleurs. Ma première roue changée. Seule. Les mains noires. Le froid. Montmeyran to Upie. Help ! Viens me chercher, stp. Upie to Chez toi. Enfin..

Discussion (et pour toi, lecture Mac-inale obligée) au salon avec un thé. Prolongée dans ta chambre. 1, 2, 3 avant manger. La cloche du dîner. A table avec ton frère et ta mam’s. 1, 2 avant que tu partes. Pause sans toi, seule au salon. 1 sur canapé avant de dormir. Assortiment de gâteaux au lit. Dormir. Rêver: les deux dents de devant en moins, qu’il est triste ton départ en avion pour la Nouvelle-Calédonie (est-ce bien toi qui disparaît ?). 1 au réveil. Douche. Ratée (fatigué !) sous la douche interrompue par un de tes potes qui cherche âme qui vive dans cette maison. Café à 4 sur la terrasse au soleil. Vélo à 2, route et forêt (lumière doré léger). Café bis. 1, 2 (interrompue par ton frère, Qu’est-ce que tu fais mon frère ?) avant de partir.
La dernière est la meilleure, celle que j’attendais.

Retour.
Impossible de me rassembler. Vide & pleine, simultanément.
Etre tentée, plus d’une fois, de me faire avaler par les bordures, les voitures, les murs, les poids lourds, les barrières de sécurité.
Des gyrophares bleus dans la nuit, de l’autre côté.
Un morceau de moi reste avec eux – Est-ce moi dans ce miroir ?
Comme j’en ai chié pour rentrer: à en pleurer sur l’autoroute !
Perception – plus – altérée.

– Mon cerveau modèle mon corps, on l’aura compris.
Si habilement, si profondément que je le ressens vraiment, physiquement.
Les doigts dans la prise, je suis fascinée, hypnotisée par l’absurdité des évènements auxquels je devrais me laisser aller. Ne pas disjoncter. Des morceaux de moi sont restés collés à divers endroits. Je me sème lorsque j’angoisse. Ma chair, mes nerfs se distendent tout le temps que je ne peux me défaire de Vous, de Ça. Mon cœur écartelé (cf. le christ crucifié). Plus qu’à attendre. Viendra le moment où, comme sur un ressort, mes entrailles réintègreront leur place initiale et naturelle.
La folie s’évaporera. –

P.S. à ma robe noire: Si tu es morte sache que tu ne l’es pas pour rien.

The piece with the glue is looking for pieces of me.

(…)

Vendredi 22 Décembre 2006 02h.22

Mercredi 23 janvier 2008

Comme j’ai mal ! Mon visage ! Mon nez s’est enfoncé entre mes yeux, il est remonté jusqu’à mon cerveau. Ma mâchoire, luxée, se distord sous la pression de mes dents, enflées. Je laisserais volontiers ma tête pendre le long de mon cou mais il me faudrait alors m’égorger. Est-ce bien la solution ?
Je pourrais prendre un cachet, bien sûr, mais j’aime à penser qu’il m’est possible de ne ressentir aucune douleur, si je le veux..
(Merteuil s’enfonçait bien les pointes d’une fourchette sous les ongles – elle n’est pas un exemple.
Je peux me laisser souffrir un peu, si je le veux..
Voilà ma définition personnelle du sado-masochisme.)

Développons..
Voilà tout l’intérêt et la perversité de ce genre de jeux, lorsqu’ils sont subtilement (pourquoi se contenter de peu ?) interprétés: le dominant ne l’est que parce que le dominé accepte de lui laisser croire que cette place lui est due. Qui, dans ce cas, a l’ascendant sur l’autre ? Et si celui-ci s’enivre trop évidemment de son pouvoir sous-jacent, les rapports s’inversent… Sachant cela profites-en, mais raisonnablement… Ce retournement s’appliquerait-il tout autant à celui qui, en apparence, manipule le corps qu’on lui abandonne ? S’il se laisse subjuguer par l’emprise latente qui s’en exhale, ne s’abimera-t-il pas alors dans une contemplation passive qui le fera s’effacer au bénéfice de son rival.

Oui! Je trouve cela supremmement excitant !
(Très difficile à réaliser, c’est vrai.
De l’exigence naît une jouissance si forte !
J’aime à passer outre tous ces efforts..)

(…)