Dimanche 27 Avril 2008 11h.41

Samedi 31 mai 2008

Je l’ai découvert par hasard. Je n’ai pas pu résister. Je l’ai acheté.

Le double vinyl Cello De Vincent Segal me nargue, fermé, posé sur ma vieille platine.
Je ne l’ai pas encore passé.
Je refuse de gâcher par excès d’empressement ma première écoute – une seul fois sans repères .
Je maugrée mollement après le diamant usé qui orne la tête de lecture, le câble absent qui n’alimente pas la deuxième enceinte et cette bizarrerie qui fait s’accompagner la lecture de disques du bruit, en fond, de je ne sais quelle fréquence radio.
Mollement seulement. Car j’aime l’instant qui précède la possession – matérielle/intellectuelle – d’un objet désiré. Particulièrement lorsque celui-ci n’attend que notre disposition.

Une statuette en ivoire sculpté. Nue, les bras levés. 10,8 cm. Dans un écrin de présentation en maroquin grenat aux petits fers dorés.
Je ne l’ai qu’aperçue. Je ne peux qu’imaginer l’effet de son cuir sombre sous mes doigts – je sens un grain léger, peu marqué, une peau usée, plus fine, plus souple par endroit, un liseré appuyé qui s’étend le long des bords, un angle usé au carton écrasé – , l’effet de son tissu rouge grenat – satiné – , l’effet de ses courbes d’ivoire sous mes doigts – si fraîches, si lisses

En patientant, je fantasme sur la pochette. Je la vois. Même au loin, elle m’attire. Elle est élégante, sombre et douce. Elle passe sa main sur mon cou et je soupire de désir.

(…)

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