Je le glisse dans toutes mes conversations puisque je ne peux en avoir avec lui. Juste une dizaine de minutes de son temps pour m’éviter de lui sacrifier des centaines d’heures du mien. Je ne lui demande pas de m’être agréable, juste de faire.. quelque chose. Au moins une claque – si c’est sa réponse . Tout sauf rien. Comprends-moi. Entendre le son de sa voix pour tenter d’y déceler antipathie ou sympathie – c’est là toute la question . Est-il avec ou contre moi ?
Oui, son contact suffit à me rendre dingue mais j’aimerais l’installer à une place moins souvent occupée. Je te fais visiter ?
Ah ce silence ! Pourquoi reste-il ainsi muet ? L’ai-je déjà effrayé ou a-t-il simplement oublié son portable ? Toutes ces questions sans réponses qui s’empilent, se multiplient, se ramifient, se divisent, saturent mon cerveau. Je perds la raison et le sens de la mesure. Une seule chose en tête: pourquoi se tait-il ? pourquoi se tait-il ? POURQUOI TE TAIS-TU ? Me voir dans un tel état pour si peu – son mutisme ne fais que le confirmer – m’agace profondément. Me perdre au point de donner de l’importance à quelqu’un qui ne prend même pas la peine de m’éviter malaise et ridicule ! Franchement, ne pourrais-je m’occuper intelligemment au lieu de focaliser sur lui ? Oui… Mais je n’arrive pas à me recentrer.
Il reste planté en moi, stupide et vide, sans autre utilité que de m’aveugler. Ouste !
N’avait-il rien à faire de mieux que de me charmer, de me baiser ?
(…)